Dispositions additionnelles à l’ordonnance d’Abbeville

(ordonnance suivant immédiatement celle d’Abbeville, retranscription : M. de la Chauvelays)

Le Duc veut et ordonne, sous peine de désobéissance, que tous les gens de guerre, hommes d’armes, gens de trait ou autres appartenant aux compagnies d’ordonnance obéissent les uns aux autres, selon leur rang en cette dite ordonnance, et tous au conducteur de la compagnie dont ils seront, cela dans l’ordre suivant : tous les gens de trait ou piquenaires obéiront à l’homme d’armes chef de leur lance, et les hommes d’armes, leurs gens de trait et piquenaires obéiront à leur chef de chambre qui sera, avons-nous vu, en la première dizaine le conducteur lui-même, dans les autres, ou le dizainier sans intermédiaire ou le lieutenant du dizainier. Ce dernier devra obéir à son dizainier, et les dizainiers des 9 dernières dizaines, tous les hommes d’armes de la première devront obéissance directe au conducteur. Les dizainiers feront obéir celui-ci par les soldats de leur dizaine. Le Duc ordonne aux conducteurs de faire en sorte que tous les gens de leur compagnie se logent chacun auprès de son chef de chambre, celui-ci auprès de son dizainier s’il ne l’est pas lui-même, et tous les dizainiers auprès de leur conducteur, en la marche qui lui sera ordonnée pour sa compagnie, ou qu’il dirigera lui-même quand le Duc ne le subordonnera pas à un capitaine choisi pour la circonstance, auquel capitaine, durant sa commission, le Duc veut que les conducteurs obéissent comme à lui-même. Les conducteurs feront conduire les dizainiers, chefs de chambre, et gens de leur compagnie, selon les ordonnances citées, sous peine d’être punis en leur personne ou en leur état.

Lorsqu’on délogera, personne n’ira devant, sinon ceux qui avec les logeurs en auront l’ordre du conducteur, sous peine pour les délinquants, si c’est en pays d’amis, de perdre les gages de la journée, et pour qu’on puisse les leur rabattre, le Duc veut que ceux qui iront en avant, ou qui demeureront en arrière, leur étendard tiré aux champs, soient rayés par le conducteur. Les dizainiers seront, sous les mêmes peines, tenus de dénoncer au conducteur les gens de leur chambre qui manqueront à leur devoir, et le lieutenant du dizainier ceux de la sienne à son dizainier. Si les infractions en question ont lieu en pays ennemi, la punition sera à l’arbitraire du conducteur ou du capitaine, s’il y en a un. Ainsi la compagnie délogera toute ensemble quand la trompette sonnera, et sans que personne aille devant ou demeure en arrière, s’il n’en reçoit l’ordre, et sans faire autre chose si ce n’est par contrainte ou grande utilité. Quand la trompette sonnera le boute-selle, chacun troussera ses bagages pour promptement monter à cheval s’il en est besoin. Lorsque chacun sera habillé, les gens de trait à cheval et à pied, et les piquenaires se rendront promptement aux logis de leurs hommes d’armes, avant que ceux-ci ne les quittent et se mettent aux champs. Les hommes d’armes iront devers leur chef de chambre, conducteur, dizainier, ou lieutenant de dizainier, selon qu’ils seront de la première dizaine, ou de la première ou de la deuxième chambre des neuf dizaines suivantes. Les chefs de chambre non dizainiers, se rendront aux logis de leurs dizainiers avec leurs hommes d’armes ; et les dizainiers avec leur dizaine iront occuper la place fixée par le conducteur.

Après que les dizainiers seront venus à l’enseigne du conducteur, ils y demeureront avec leurs hommes d’armes, et enverront leurs gens de trait, sous le guidon du même conducteur. Ils feront conduire ces gens de trait par un homme d’armes de leur chambre, qui portera en une banderolle sur sa salade l’enseigne que le dizainier portera en la cornette de sa lance.

La compagnie marchera soit en front, soit par dizaines, soit par chambres, selon que la nécessité, le temps et le chemin le requerront, sans entremêler les dizaines des hommes d’armes ou de leurs gens de trait.

 

Publié dans : ordonnances militaires de 1471 |le 22 août, 2006 |Pas de Commentaires »

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