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La bataille de Neuss, 23 mai 1475

EXTRAIT DES CHRONIQUES DE JEAN MOLINET, HISTORIOGRAPHE DU DUC CHARLES. Rédigé en 1475. Intégrale du chapitre XX, retranscrit en français moderne.

COMMENT LE DUC CHARLES DE BOURGOGNE, SON SIEGE DE NEUSS BIEN GARDE, COMBATTIT L’EMPEREUR ET TOUTE LA PUISSANCE DE GERMANIE.

Par un mardi, 23e jour de mai en l’an 1475, l’Empereur se délogea de son camp, passa un bois qui lui était prochain en approchant le siège de Neuss et fit son logis à un jet de serpentine près de l’ost du Duc. Le Duc, averti de son délogement, environ X heures du matin, fit tirer aux champs ceux de son hôtel et les compagnies de son ordonnance, en délaissant son siège puissamment gardé et fourni de gens en compétent nombre, tant pour résister aux saillies de ceux de la ville que pour empêcher que ceux d’au-delà du Rhin, qui étaient en grande puissance, ne donnassent secours de gens et de vivres à ladite ville.

Le Duc, donc, avant la rivière coupée entre l’Empereur et lui, ordonna ses gens de guerre en deux batailles, en pareille forme et manière qu’il voulait qu’ils se maintinssent quand viendront à besogner. En la première bataille étaient tous gens à pied, piquenaires de ses ordonnances et les archers anglais, tant de la compagnie de messire John Middleton, de son hôtel et de la garde que ceux des seigneurs de Fiennes, Reux, Crequi, Hames, Piennes et autres seigneurs fieffés. Tous lesquels piquenaires furent entrelacés parmi lesdits archers tellement qu’entre les deux d’iceulx, il y avait un piquenaire. Et sur l’aile droite d’iceulx gens à pied, ordonna en un escadron les hommes d’armes à cheval dudit messire John Middleton et ceux de la compagnie de Jacques Galliot et, pour le renfort de cette aile, le comte de Campobasso et sa compagnie et, sur l’aile senestre desdits gens à pied, ordonna en un escadron lesdits seigneurs de Fiennes, etc…, leurs hommes d’armes et le comte de Celano ensemble sa compagnie et, pour leur renfort, les hommes d’armes des deux compagnies de messire Antoine et Pierre de Lignana, aussi en un escadron. Et ordonna chef de cette première bataille monseigneur le comte de Chimay, son cousin, conseiller et chambellan. Et, pour le milieu de la seconde bataille, ordonna un escadron de chambellans et des gentilshommes de sa chambre et, pour leur renfort, ceux de la garde que conduisait aussi messire Olivier de la Marche, son maître d’hôtel et capitaine de ladite garde. ET, à la dextre dudit escadron des chambellans et gentilshommes de sa chambre, ordonna tous les archers ordinaires de sadite garde ensemble les archers des compagnies de messire Regnier de Brochuysen, du seigneur de Chanteraine, Georges de Menton, Jehan de Longueval et Regnier de Valperghe. Et, pour l’aile desdits chambellans et gentilshommes de sa chambre, ordonna ses archers de corps et ceux des compagnies de Philippe de Berghes et de Philippe de Loyette et, sur l’aile dextre desdits archers, tous les hommes d’armes dudit Philippe de Berghes et Philippe de Loyette en un escadron, et, pour leur renfort, les gentilshommes des quatre états de son hôtel, aussi en un escadron, conduits par messire Guillaume de Saint-Seigne, son maître d’hôtel, et par les chefs desdits quatre états. Laquelle bataille fut conduite par le seigneur de Humbercourt, son conseiller et chambellan, comme chef, tenant lieu du comte de Joigny, et par le seigneur de Bièvres. Ces batailles subtilement ordonnées passèrent ladite rivière à un étroit gué assez dur et de bon fond. Pareillement son artillerie, serpentines, courtaux et bombardes au nombre de 50 passèrent après lesdites batailles par dessus un pont assez près dudit gué. Et, parce que le bout du camp de l’Empereur, adossé au Rhin, s’étendait vers le Duc et lui était proche, pensant qu’il dut venir par ce côté, les Allemands y avaient assis la plupart de leur artillerie et même ceux d’outre-Rhin avaient affûté leurs engins pour battre ce quartier. Mais, pour esquiver la batture, le Duc fit tirer ses batailles en passant ladite rivière à la main senestre, en tirant vers ledit bois que l’Empereur avait passé ce jour, et fit ranger ses batailles et leurs renforts en tel ordre qu’ils étaient au§delà de ladite rivière et gagna le soleil et le vent qui faisait grande poussière, forte et épaisse. L’Empereur, voyant approcher la puissance ducale tant notablement ordonnée que rien plus, qui était chose terrible et fière à regarder, mit hors de son camp de 4 à 5 mille chevaux ensemble gens à pied en grande multitude. Ses engins affûtés en nombre inestimable avec l’artillerie d’outre-Rhin, qui ne feignait pas, fit battre et ruer tant horriblement sur l’ost des Bourguignons que jamais ne fut oïe chose semblable. Nonobstant cette foudre mortelle et tonnerre criminel, le Duc, qui jamais ne se résignait, avança son artillerie en la compagnie de l’infanterie italienne, qui étaient piétons hors de nombre sans être ordonnés en nulle bataille, lesquels tirèrent tellement dans le camp de l’Empereur qu’il n’y demeura tente ni pavillon entier et y firent si grands fenestrages que l’on vit le jour parmi. Et alors, le Duc, pour augmenter l’Ordre de chevalerie dont il était le glorieux patron, comme il apparait par la Toison d’Or qu’il a magnifiquement entretenue, afin aussi que les nobles et vaillants courages, embrassés de l’esprit de Mars, eussent titre d’honneur pour acquérir prouesses, il voulu faire certains nouveaux chevaliers et le devinrent ce jour monseigneur Jehan de Clèves, monseigneur le comte de Rennes, messire Frederic d’Aiguemont, monseigneur de Baudeville, messire Philippe de Berghes, le petit fils du comte de Campobasso, le petit fils de Troylus, messire augustin de Campfrougouze, messire Henri de Valperghe, messire Jehan de Lalaing, messire Jehan de Longueval, messire Jacques de Boussu, messire Louis, vicomte de Soissons, messire Georges de Menton, messire Jacques de Molain, monseigneur de Coursain, messire Jehan de Crequi, messire Antoine de Noyelle, messire Philippe de Raville, messire Compère ; des marches d’Allemagne, messire Maillart du Bacq, seigneur de Relenghes, prévôt des maréchaux, messire Simon, seigneur d’Elougues, messire don Ladron de Genare, messire Jehan Dichfidis, anglais, monseigneur de Disquemme, messire Charles Chuquet, messire Jehan Lamelin, seigneur de Famars, et messire Waultre des Fossés.

Après la création de ces nouveaux chevaliers et que le Duc par douces et consolatives paroles eut encouragé ses gens et les admonesté de bien besogner au nom de Dieu, de Nôtre Dame et de monseigneur saint Georges, il donna signe d’approcher ses batailles et toutes gens marchèrent joyeusement, faisant le signe de la croix ; dont les Anglais, à leur manière de faire, baisèrent la terre et tous ensemble jetèrent le cri : Nôtre Dame ! saint Georges ! Bourgogne ! Et, parce que les Allemands tenaient une petite montagne, le Duc fit marcher sur celle-ci par Jacques Galliot qui faisait l’aile dextre de la première bataille et le comte de Campobasso, son renfort, lesquels gagnèrent ladite montagne, et furent contraints lesdits Allemands de démarcher et, en démarchant, de se mettre en fuite en une plaine qui est entre ladite montagne et leur camp ; dont, en gagnant cette montagne, plusieurs Allemands furent occis. Et alors, voyant qu’il était nécessité, pour sûreté de leur camp, de garder ladite plaine, ils saillirent en grand nombre, tant à pied qu’à cheval, et chargèrent sur ledit Jacques tellement qu’il fut contraint de se retirer vers le comte, son renfort, duquel, à la première charge, il s’était un peu éloigné, et alors, ledit comte s’avança et, voyant ledit Jacques approcher son renfort, rechargèrent ensemble et ainsi les rompirent et mirent en fuite jusqu’au camp, là où il y eut plusieurs des ennemis occis et mis en déconfiture. Et, parce que ledit comte et Jacques n’eurent quelque suite des archers de la première bataille, qui trop s’étaient démarchés à la main senestre, rien plus avant ne fut entrepris pour cette heure sur ledit camp ; mais, pour éviter le trait à poudre, se retirèrent en une vallée. Et alors, derechef, saillirent du camp de l’Empereur plus grand nombre de gens à pied et à cheval qu’auparavant, sur intention de charger sur ledit comte et Jacques Galliot. Le Duc, averti de celà, y envoya le renfort de l’aile droite de sa seconde bataille que faisaient messire Georges de Menton, Jehan de Longueval et Regnier de Valperghes et, incontinent après, y envoya le renfort de l’escadron de ses chambellans, qui était la garde conduite par messire Olivier de la Marche, ensemble toute l’aile droite des archers de la seconde bataille. Mais les hommes d’armes de cette aile, que conduisait messire Regnier de Brochuysen et le seigneur de Chanteraine, marchèrent plus tôt que leurs archers, lesquels, à cause qu’ils étaient à pied, ne purent les suivre et toutes ces compagnies jointes audit comte et Jacques, sans attendre lesdits archers, chargèrent sur cette puissance ainsi saillie, entre lesquels étaient le duc de Saxe et autres grands princes d’Allemagne, ainsi les rompirent et reboutèrent jusque dans leur camp ; mais, parce que lesdites compagnies n’avaient encore nul archers, force leur fut, pour le trait à poudre, de se retirer en ladite vallée.

Après cette retraite, le duc de Saxe, qui portait la bannière de l’Empereur, accompagné de nobles princes, de grande multitude de gens à cheval et à pied, chargea vigoureusement sur les Bourguignons et rebouta l’aile droite de la première bataille et son renfort, et revinrent tous ensemble jusqu’à la garde qui soutenait merveilleusement. Le Duc, voyant celà, prit un escadron à sa main droite pour envahir ses ennemis et fit tirer avant jusqu’à sa garde les archers de l’aile droite pour charger à sa main gauche et vint en personne rallier les escadrons grandement troublés et mis en discorde. Et, celà fait, chargea sur lesdits princes, étant en grande puissance comme est dit, lesquels furent incontinent rompus et convertis en fuite, dont plusieurs jusque 6 ou 800 chevaux s’en retournèrent vers Cologne et le résidu fut en grand désordre audit camp parce que l’artillerie du Duc fit grand devoir de continuer son trait, tellement que partie des piétons jusque 2 ou 3 mille, pensant se sauver aux bateaux, se noyèrent au Rhin où ils jetèrent leurs armes et bagages en si grand désordre que grande quantité de gens péris et noyés flottaient sur l’eau, lesquels arrivèrent en l’île devant Neuss. Et à la vérité, l’aile senestre et le renfort de la première bataille, que conduisait monseigneur le comte de Chimay, reboutèrent vigoureusement les Allemands en leur camp. Alors le Duc délibéra de faire tirer en avant toutes ses batailles et faire joindre au charroi de l’Empereur pour l’assaillir de bon courage et fit mettre son artillerie en lieux où plus les pouvait offenser, mais le jour se déclina trop et la nuit avança ses ténèbres ainsi que ce fut accompli. Pourquoi, ne pouvant plus avant procéder pour cette fois, s’en retourna tout à loisir, sans quelque empêchement, en son siège et fit ramener toutes choses saines et entières. Et, bien que le trait des Allemands fut impétueux, continu et de merveilleuse quantité, toutefois, il n’y eut de son parti -qui semble chose quasi miraculeuse- que trois hommes morts et six blessés. Néanmoins, le contre-siège d’au-delà du Rhin leur livrait terribles battures. Ceux de la ville aussi, durant la  bataille, ne dormaient pas, car ils saillirent sur le quartier de messire Georges de Menton et furent puissamment rembarés dans leur fort. Le lendemain au matin, qui fut la nuit du sacre, le Duc assembla ses batailles et se préparer pour marcher comme dessus. Mais l’Empereur, pour réparer les rompures, fit requérir 3 jours de trèves par le légat et lui furent accordées sur certaines conditions.

Où est la plume maintenant qui pourra suffire à mettre par écrit la glorieuse victoire que ce très cher et resplendissant Duc a aujourd’hui embrassée ? Vous, les explorateurs des excellentes anciennes besognes, qui lisiez les histoires d’Hercules et de Jason, d’Alexandre et de Samson, avez-vous lu chose plus admirable, avez-vous vu chose pareille : un Duc de Bourgogne, en terre d’ennemis, devant l’une des fortes villes d’Allemagne, son siège gardé, son contre-siège rembaré, sans crainte de trait, de courtaux ni de fonte, a combattu le plus grand de ce monde ? O triomphant Duc bienheureux, rend grâce à Dieu si tu es vainqueur et loue Fortune qui t’a donné cette heure : elle t’a montré le bel accueil de sa douce face pour cette fois et tu es assis au plus haut de son trône ! Garde-toi de sa fausseté, car la terrible marâtre réverse souvent et subit les plus hauts montés en la fange !

 

 

Publié dans:Jean Molinet |on 9 septembre, 2006 |Commentaires fermés

Etablissement du siège de Neuss, 1474

EXTRAIT DES MEMOIRES DE JEAN MOLINET, HISTORIOGRAPHE (chroniqueur officiel) du DUC CHARLES, écrit en 1474-1475. retranscrit en français moderne.

Charles, très auguste Duc de Bourgogne, à qui nul hideux effort ne donnait effroi, sentant l’adversaire capital de son cousin enveloppé en la force de Neuss sous les ailes de la Germanie et de son aigle impérial qui le défendait au pied et à l’ongle, se détermina pour cette cause et d’autres qui l’y motivaient, d’assiéger cette ville, merveilleusement forte et quasi inexpugnable. Il ordonna ainsi à ses formations, fit approcher ses engins et, aux environs de la fin du mois de juillet, en l’an 1474, comme le plus preu des preux et le plus excellent que quiconque, ficha son étendard et planta puissamment son siège droit au front des Allemands qui le prirent en grand dédain. Et d’emblée, à un trait d’arc près de Neuss et devant la porte maîtresse, s’empara d’une grosse abbaye de chanoines régis par l’ordre de St Augustin, où il trouva une partie des religieux abandonnés des autres qui s’étaient retirés dans la ville. A cette approche, ceux de Neuss ne mirent aucun obstacle défensif ni ne firent de saillie, pensant bien que le Duc y prendrait logis, car pour cette raison, trois jours avant sa venue, ils l’avaient voulu brûler, et le feu n’y prit pas et ainsi elle demeura saine et entière, et les religieux furent très joyeux d’avoir un si bon hôte car ils en profitèrent assez. Le comte de Campobasso, noble chevalier napolitain, très vaillant et expérimenté en armes autant que nul autre de son temps, fut envoyé par le Duc avec plusieurs hauts barons, prudents, ingénieux et de vif et pénétrant entendement pour observer les forts et imaginer par quel moyen pour un minimum de pertes et maximum de gain, le siège pourrait prendre pied ferme et fondement durable. Et par l’ordonnance du Duc, le comte, accompagné de quatre cent lances italiennes bien en point, à chevaux bardés, avec leurs hommes à pied, assiégea une porte près d’une chapelle sainte Barbe, orientée vers le Rhin pour aller en Gueldre, devant laquelle se trouvait un talus grand et puissant, et là furent installées deux grosses bombardes, une bombardelle, plusieurs courteaux et serpentines. Devant l’autre porte, qui suivait, qui donne chemin pour aller à Nôtre Dame d’Aix, et où se trouvait un terrible talus, se logea avec deux cent lances italiennes et leurs hommes à pied, Jacques Galiot, un très renommé et prudent conducteur de gens d’armes, accompagné de deux cent archers d’Angleterre et, joignant ce quartier, fut logé un noble écuyer piémontais nommé Jacques de Wauperghes, ayant charge de cinquante hommes d’armes piémontais, lesquels étaient de la société du comte. Al’endroit de cette porte, il y avait bombarde et bombardelle, suivie de courteaux et serpentines ; profondes et spacieuses tranchées furent faites devant la muraille afin que ceux d’un quartier puissent porter secours à l’autre. Et continuant cette clôture, fut logé le sire Bernard de Ravestein, capitaine de cent lances, de trois cent archers et de trois cent piétons, et l’accompagnait un chevalier nommé Broquehuse, lequel avait assemblé environ deux cent couleuvriniers du pays de Gueldre. Et en avant de la porte, où se prend le chemin pour aller au duché de Julers, tint son siège le sire Baudoin de Lannoy, chef et conducteur honorable de trois cent lances ordinaires, de trois cent archers et de trois cent hommes à pied, et maintenait son encerclement du logis du sire Bernard jusqu’au chemin de la porte. Et Lancelot de Berlaymont, noble écuyer du pays de Hainaut, ayant charge de cinquante lances et de deux cent archers, clôturait le reste jusqu’au logis du Duc, parmi le bailli de Brabant roman et d’un écuyer nommé Marbais, qui ensemble lui furent donnés en renfort ; et ils avaient quatre cent piétons, piquenaires, couleuvriniers et arbalétriers du pays de Brabant, de Namur et de Liège, lesquels, à un petit pont de pierre, coupèrent une rivière, où ils trouvèrent abondance de poisson, et la dévièrent vers le bois. Complémentairement, devant une grosse porte en forme de château qui était orientée vers Cologne, furent logés un très chevaleresque et expert conducteur, messire Philippe de Poitiers, seigneur de la Freté et messire Ferri de Clisance, seigneur de Beauvoir ; et chacun d’eux avait cent lances d’ordonnance et trois cent archers, les hommes d’armes étaient de Bourgogne et leurs archers de Picardie et de Hainaut. Là fut installée une grosse bombarde suivie de courteaux et serpentines et ce quartier s’étendait jusqu’à la rivière citée ci-dessus, venant du duché de Julers, passant devant l’abbaye, près de laquelle le Duc fit assembler sa maison transportable et tendre au pré envirronnant ses pavillons richement armoriés de ses armes, où il logea en personne avec ceux de son hôtel, lesquels contiennent grand nombre de nobles gens, qui se logèrent entre le grand chemin et la rivière. Il y a coutumièrement, en la maison et famille du duc de Bourgogne, quarante chevaliers toujours appointés et quarante hommes d’armes conduits par quatre nobles chevaliers, sans les autres chevaliers en grande quantité, comptés en terme d’ancien ordinaire et vingt écuyers de chambre. Il y a aussi cinquante panetiers, cinquante échansons, cinquante écuyers tranchants, cinquante écuyers d’écurie et chacun d’eux a son coustillier, et ils sont conduits par quatre chefs d’escadre. Pareillement furent logés au quartier du Duc princes, barons et honorables seigneurs, ses pensionnaires qui alors l’accompagnaient avec grande quantité de serviteurs et c’est-à-dire : Jehan, monseigneur, fils aîné du duc de Clèves, le comte de Marle, chevalier de la Toison d’Or, le comte de Meghe, chevalier de la Toison d’Or, messire Jacques de Luxembourg, chevalier de la Toison d’Or, le comte de Chimay, chevalier de la Toison d’Or, le comte de Joigny, le fils du comte de Rotelin, le neveu du duc de Gueldres, le comte d’Araine, Ecossais et messire John Middleton, chevalier de l’hôtel du roi d’Angleterre ; dont une partie de ceux-ci et d’autres se logèrent au dortoir des moines, lesquels firent place aux religieux de Mars qui sont d’autre profession. Car par l’abus du monde et mutation de fortune de guerre, les chambres de dévotion furent changées en dérision ; là où l’on voulait étudier de beaux et notables enseignements, on tenait école de jeux de dés et de tables ; où les repentants pleuraient à grosses larmes, les hardis combattants criaient à l’assaut et aux armes ; là où l’on voulait pendre aubes et chapes blanches, pendaient salades et blancs harnois et fers de lances et ceux qui se levaient au son de la cloche du moustier furent réveillés au son de la bombarde et du mortier. Ainsi fut puissamment assiégée Neuss par terre et fut clos de tranchées le siège, les engins installés et les approches bien et chevaleresquement faites, pour lesquelles il y eu perte d’Italiens et d’autres morts et blessés par traits à poudre qui étaient durement âpres et continuels.

 

Publié dans:Jean Molinet |on 31 août, 2006 |Commentaires fermés

La bataille de Brusthem, 28 octobre 1467

EXTRAIT DES MEMOIRES DE JEAN DE HAYNIN, CHEVALIER BOURGUIGNON, COUVRANT LA PERIODE DE 1465-1477. Retranscription en français moderne.

De la bataille de Brustem en Liège. La nuit Saint Simon et Saint Jude par un mardi, monsieur le Duc de Bourgogne et toute son armée allèrent loger et mettre le siège devant Saintron, auquel siège et armée monsieur de Ravestein eut la charge de l’avant-garde, en laquelle on dénombrait de 7 à 800 lances et bien 20 mille hommes. Au lendemain, qui fut le mercredi jour de Saint Simon et Saint Jude, ainsi que 3 à 4 heures après dîner ou environ, plusieurs de l’ost qui étaient allés en fourrages aux villages assez près, aperçurent les Liégeois qui venaient à grande puissance envers le siège et leur fut force de retourner ; et vinrent dire et apporter les nouvelles au siège que les Liégeois venaient, par quoi on fit tout homme armer et monter à cheval sans grand bruit ni effroi et sans crier alarme, et depuis qu’on fut tous monté à cheval, le sieur de Roussi et plusieurs autres et moi-même disions et pensions que ce ne fut rien, jusqu’à ce que lesdits Liégeois parvinrent jusqu’à un village tout près de Saintron, nommé en français Brustain et en allemand Brustein, et prestement monsieur le Duc, monsieur de Ravestein, monsieur le Bâtard et les autres seigneurs et capitaines, chacun mirent leurs gens en bataille et en ordonnance et l’avant-garde tout devant, en laquelle il y avait plusieurs grands seigneurs et capitaines, dont je vous veux dénommer la plupart de tous ceux qui y avaient étendard et charge de gens : et premiers l’étendard de monsieur de Ravestein I, celui de monsieur Jacques de Luxembourg, seigneur de Risebourc IIe, celui de monsieur de Fiennes IIIe, celui de monsieur Jehan de Rubempré, seigneur de Bievene, bailli de Hainaut, IVe, celui de monsieur Antoine de Lalaing Ve, celui de monsieur Baudouin le bâtard de Bourgogne VIe, celui de monsieur Guillaume de Sasogne, gouverneur de Luxembourg VIIe, celui du sieur de Crèvecoeur VIIIe, celui du sieur de la Gruuthuuse IXe, celui du sieur de Boussu Xe, celui de monsieur Philippe de Crèvecoeur XIe, celui du sieur de Perwez en Brabant XIIe, et encore d’autres ; et en la bataille, celui de Monsieur le Duc XIIIe, celui de monsieur le comte de Marle XIVe, celui du comte de Brianne XVe, celui de monsieur de Liège XVIe, celui du comte de Nassau XVIIe, celui du sieur d’Aimeries XVIIIe, celui du sieur de Beauvoir XIXe, celui du sieur de la Hamaide XXe, celui du sieur de Monrecourt XXIe ; et en l’arrière-garde l’étendard du bâtard de Bourgogne et plusieurs autres que je passe pour cause de brièveté, ainsi comme le sieur de Miramont, et le sieur de Corensi, le sieur de Hames, châtelain d’Ath, sont en somme XXV étendards. Et à cet endroit on y fit plusieurs chevaliers et entre autres du pays de Hainaut monsieur Philippe de Jeumont, sieur de Vieges, monsieur Philippe de Mastain, sieur de Sasegnies, monsieur Jehan de Harchies, sieur…,monsieur Grart de Harchies, sieur…, monsieur Jehan de Harchies, sieur de Milome, monsieur Jacques de Harchies, son frère, sieur de Lamotte, monsieur Antoine, sieur de Waudripon, monsieur Lion de Sars, sieur…, monsieur Jacques d’Aimeries, monsieur Jehan de Ligne, sieur…, monsieur Jehan du Bray, et encore d’autres tant dudit pays comme ailleurs.

Item, l’avant-garde des Liégeois que ceux de la comté de Los et ceux de Tongres faisaient, se vinrent bouter dans le village de Brusthem, lequel était merveilleusement fort enclos de fosses, de haies et de barrières, comme ils ont de coutume de faire en tout temps audit pays, et encore plus alors qu’en autres temps à cause de la guerre, et leur charroi et leur bataille demeurèrent sur les champs en dehors du village ; il pouvaient bien avoir par oï dire de 3 à 4 cent chariots, lesquels étaient chargés de tentes, de bagues d’artillerie, et de vivres, et se pouvaient bien être par leur propre dit et connaissance de 24 à 25 mille hommes, et incontinent que les Bourguignons virent qu’ils étaient entrés dans le village et qu’ils se mettaient là en bataille et en ordonnance sans faire semblant de passer plus avant ni de marcher outre. Et étaient avec les Liégeois messire Rasse de Lintre, lequel ils tenaient pour leur souverain chef capitaine et seigneur, messire Jehan de la Bouverie dit le Rust, le sire de Bierlo, messire Eustache de Streel, et messire Fastré Baré Surlet, maître de Liège ; tous ces cinq étaient chevaliers. Et il n’y avait alors à leur départ qu’ils firent de la cité que 5 chanoines résidant à St Lambert, de quoi l’un était si ancien qu’il n’eut peu armes porter ni aller en guerre, et à cette cause il furent content qu’il demeura en la ville ; mais ils voulurent et ordonnèrent que tous les autre quatres iraient avec eux, dont l’un se nommait messire Godefroid de Wayaux, le doyen de Middelbourg, le prévôt de Tongres, frère à messire Baré, et Roland Surlet, leur frère, et de chacune des autres 7 chanoinies, un chanoine et des abbayes un homme, mais ceux de l’abbaye de Saint Jacques qui ont la grâce d’être gens très dévots et bien réglés, baillèrent 3 chevaux au chapelain de messire Rasse de Lintre, et partant ils furent quitte et excusés de non y envoyer nul de leurs religieux. Lesdits Liégeois eux étant ainsi venus et arrêtés jusqu’audit Brusthem, comme il est dit, à quoi ils avaient mis 6 jours à venir jusque là, car ils étaient partis de Liège dès le vendredi avant. On fit approcher les serpentines de l’artillerie du siège et pareillement encore 3 autres qui étaient à Monsieur Jacques de Luxembourg, lesquelles approchèrent dudit village de Brusthem grandement plus près que les autres et tout jusqu’aux haies, et toutes ensemble et l’une après l’autre commencèrent à tirer dans ledit village, où ils voyaient et pensaient que les Liégeois fussent les plus drus et les plus épais, mais le village si plein d’arbres et de haies si drues et si hautes qu’à bien grand peine les pouvait-on voir. Néanmoins, lesdites serpentines en tuèrent et blessèrent plusieurs, et quand elles faillissaient à les atteindre, elles frappaient dans les arbres et dans les branches que ce semblait à cause du tonnerre ou de gros canons, et rompaient les branches des arbres aussi grosses que bras ou jambes, et semblait que tous diables d’enfer fussent descendus là, du grand bruit et de la grande foudre que les plommets et les serpentines faisaient tant d’un côté comme de l’autre ; mais sans comparaison les serpentines de Bourgogne menaient trop plus grand bruit que les autres et ruaient bien 3 ou 4 coups contre un. Et pareillement on fit marcher et approcher les archers et les piétons et les hommes d’armes, spécialement ceux de l’avant-garde et tout par compagnie la plupart, et quand ils vinrent assez près du village ainsi qu’à un trait d’arc à main, on fit descendre tous les archers à pied et ôter leurs éperons et laisser leurs chevaux à aucuns de leurs compagnons de quoi un homme en gardait 7 ou 8 ou 10 ou 12, et tous les hommes d’armes demeurèrent à cheval, tous au plus près d’où les archers étaient descendus. Les capitaines et conducteurs desdits archers commençèrent à marcher en avant, à tous les guidons et archers après eux jusqu’aux haies, fosses et dos d’ânes du village, et quand ils parvinrent jusque là, ils ne pouvaient ni ne savaient trouver voie ni manière d’y entrer qu’à très grande peine, et alors ils les bargenèrent un peu et y entrèrent redoutablement ; et encore plus les piétons et piquenaires, aucuns pionniers y firent un peu de voie en aucuns lieux, les autres se tiraient l’un l’autre en amont au mieux qu’ils pouvaient et tant que la plupart furent dedans et commencèrent à tirer fort et ferme contre ces Liégeois, lesquels leur montrèrent très bon visage. Et incontinent que les archers furent entrés, les étendards et hommes d’armes piquèrent après pour vouloir les servir et secourir, et spécialement l’étendard de monsieur Baudouin le bâtard de Bourgogne et sa compagnie piquèrent à course de cheval tous dans le grand chemin qui va de Brusthem à Saintron, mais ils trouvèrent ledit chemin si fort enclos et si fort fermé de haies, de fosses et de barrières, et avec ce la grande résistance des Liégeois qu’il leur fut forcé de reculer et de démarcher tous hors des haies et de retourner d’où ils étaient partis. Pareillement il fallu que l’étendard de monsieur de Fiennes et du bailli de Hainaut restent au long des haies parce qu’on ne savait comment entrer dedans à cheval, et pendant qu’on resta par cette manière, les Liégeois tirèrent merveilleusement fort de serpentines et spécialement de couleuvrines à main, mais les dos d’ânes des fosses et des haies étaient si hauts qu’ils ne pouvaient prendre leur visée bas assez ni affûter leurs engins, et leurs traits passaient trop haut aussi parce que les gens d’armes étaient si près des dos d’ânes qu’ils leur faisaient couverture en partie. Le sieur de Boussu eut le bras perçé d’une couleuvrine, un nommé Pierre de Bournonville qui était de la compagnie de Louis de Bournonville et de monsieur de Fiennes en fut atteint d’une au dos, elle perça sa robe volante, mais ses brigandines n’eurent garde, et moi Jehan de Haynin en fut atteint d’une sur mon cuissot et y fit une petite fosse seulement et ne me fit autre mal. Celui qui servait les serpentines de monsieur Jacques de Luxembourg, quand il y eut amené ses dessusdites 3 serpentines jusqu’aux haies du village et qu’il en eut tiré plusieurs coups, quand il se vit si près des Liégeois, il abandonna ses serpentines et s’en alla combattre eux à main à main avec les archers, mais il y fut tué.

Quand les archers eurent ainsi que tout à l’heure leur trait et qu’ils avaient commencé à faire tourner les Liégeois, eux s’apercevant que le trait des archers était ainsi que failli, il y en eut une compagnie qui jetèrent un cri et tout d’une fois tournèrent sur les archers qui les poursuivaient et les firent tourner et démarcher, et tient que ce fut alors que l’étendard de monsieur Baudoin le bâtard tourna, mais il revint tout incontinent tant d’autres nouveaux archers, tant ceux du sieur d’Aimeries, du sieur de Miraumont, et aucuns des archers de corps de monsieur le Duc et de monsieur le bâtard de Bourgogne, et pareillement l’étendard de monsieur Guillaume de Sassogne, gouverneur de Luxembourg, qui fut un des premiers qui passa outre et avant, et celui de monsieur Jehan de Rubempré, bailli de Hainaut, et du sieur d’Aimeries et autres qui réencouragèrent ceux de devant, et prestement ceux de Tongres et de Los tournèrent le dos et furent les premiers fuyants.

Quand messire Rasse de Lintre qui n’avait point la grâce ni renommé d’être des plus hardis commença à voir le méchef apparent sur eux et qu’on les assaillissait de si grande manière, il dit à ceux qui étaient devant : « Je m’en vais faire hâter et avancer ceux de derrière », et il piqua tout outre et s’en alla sa voie à sauveté, et laissa et abandonna toute la puissance et compagnie des Liégeois à l’aventure, qui ne fut point fait de bon gouverneur ni capitaine de gens d’armes de les abandonner et laisser ainsi à leur plus grand besoin. Les Bourguignons commencèrent à férir dans ces Liégeois et à les abattre et tuer ; ceux des Liégeois qui étaient à cheval, frappaient sur ceux à pied qui s’enfuyaient, pour les forcer faire retourner, mais c’était un leurre, car ils étaient si fort effrayés et épouvantés que jamais ne se seraient arrêtés. Et ceux qui avaient fait la contrecharge sur les Bourguignons, quand ils virent le fort, ils se mirent en un troppelet tous ensemble et se défendirent très fort et s’y rendirent ceux qu’ils purent ; et à ce je dois rapporter, je suppose que messire Baré Surlet était en cette compagnie à cet endroit, car il descendit à pied avec ses gens, et aussi leur défense ne leur valait guère, car la plupart de ceux du troppelet y demeurèrent tous et furent à cet endroit tués. Quand les Liégeois virent la contrecharge qu’on faisait sur eux, ceux à cheval se mirent à la fuite et en après ceux à pied qu’y purent fuir et s’échapper et laissèrent derrière et abandonnèrent leur artillerie et tout leur charroi et bagages. La chasse dura une bonne demi lieue ou plus jusqu’à un autre village prochain outre Brusthem, mais la nuit vint qu’il commança à faire si brun et si noir qu’il fut forcé à chacun de se retirer, et celà fut cause de sauver grandement les Liégeois, car si la nuit n’eut été, il y en fut sans comparaison grandement plus demeurés qu’il ne fit.

Je vous avais oublié de dire qu’avec les Liégeois, il y était venu un qui se nommait de son propre nom François Royer, natif de Lombardie, et se nommait et disait bailli de Lyon et être envoyé de par le Roy de France et s’était tenu bon espace auparavant en la cité de Liège, et les aidait et confortait à son pouvoir de ce qu’il avait de puissance, et l’aimaient et croyaient, mais quand il vit le fort de la bataille, il se sauva avec messire Rasse de Lintre et autres. A cette dite bataille demeurèrent morts du côté des Liégeois de gens de non venu à ma connaissance : premiers messire Eustache de Streel, messire Baré Surlet et Winselin d’Upe, fils bâtard de messire Adam d’Upe. Item 3 chanoines de Saint Lambert, c’est à savoir messire Godefroy de Vaia, le doyen de Middelbourg, et Roland Baré, et environ de 3 à 4 mille hommes en tout, et la plupart du métier des fèvres et des houillons, et n’en prit-on ou peu ou non de prisonniers pour ce jour, et n’en vit qu’un seul qui fut mené à monsieur le Duc par aucun héraut. Et du côté des Bourguignons, il y mourut un homme d’armes, nommé le bâtard de Perenchies, lequel était capitaine des piétons de monsieur de Fiennes, et quelques autres 50 ou 60, archers et piétons. Ainsi que sur la fin de la bataille, il y eut un ou deux liégeois à cheval qui piquèrent leurs chevaux à la main droite de la bataille, pensant passer tout outre pour entrer dans Saintron, mais ils furent si rudement chassés et poursuivis d’autre cheval, qu’ils furent contraints d’eux venir bouter et rencontrer une compagnie de piétons qui étaient près de l’artillerie qui les reçurent à leurs piques et là furent tués. Et vous faut dire que du commencement au rompre et défaite lesdits Liégeois, il n’y avait qu’un bien petit nombre d’archers, et tiens et crois certainement à ce qu’il m’en peut sembler et que j’oï dire et rappeler à d’autres que s’ils avaient été 3 ou 4 mille au plus, c’était tout ; et pour ce jour et pour cette besogne, il ne fut encore besoin que monsieur le Duc ni tous les hommes d’armes de la bataille s’en mut ni bougea, car ceux de l’aavant-garde furent forts et puissants assez pour les mettre en déconfiture. A cedit jour, Pierre de Harchies, fils au sieur de Harchies, porta l’étendard de monsieur de Fiennes et Galio Ducamp le guidon, lequel se conduisit très vaillamment, et aussi fit Ogier Tiery, sergeant de la cour de Mons, lequel porta le guidon de monsieur le bailli de Hainaut, et le sieur de Bellegnies eut la charge de celui du sieur d’Aimeries, et monsieur Philippe de Mastain portait l’étendard dudit sieur d’Aimerie ; monsieur Robert, bâtard de Sameuse, gavenier de Cambrai, l’étendard de monsieur de Ravestein ; des autres, je ne su qui se fut. Quand ce vient au retour de la chasse de la bataille, ceux qui étaient passés outre le village ne disaient mot, mais c’était une merveille d’oïr le grand bruit et la grande noise que ceux de la bataille faisaient, et semblait parfaitement qu’on se combattit encore fort et ferme, aussi fort ou plus qu’on eut encore fait en tout le jour, et n’était d’autre cause sinon que chacun criait et huchait après son maître ou après son enseigne, et était nuit noire quant on revint au logis et pouvait bien être de 6 à 7 heures de la nuit. Fin de la bataille de Brusthem.

 

Publié dans:Jean de Haynin |on 27 août, 2006 |Commentaires fermés

La chronique scandaleuse, 1479

EXTRAIT DE LA CHRONIQUE SCANDALEUSE DE JEAN DE ROYE DECRIVANT LES EMBLEMES DES COMPAGNIES D’ORDONNANCE.

En ce temps le Duc fit faire de grands Estendarts avec l’Image de sainct George, des Guidons et des Cornettes pour les differens Estats de son Hostel, Archers de corps et de la grande garde, et pour les vingt compagnies d’ordonnance ; le premier des Estendarts de ces compagnies étoit en champ d’or, avec l’image de sainct Sebastien, le mot et la devise de Monseigneur le Duc, garni de fusils, de flambes, et de la Croix de sainct André. Le 2. avoit l’image de sainct Adrien en champ d’Azur ; le 3. l’image de sainct Christophe en champ d’argent ; le 4. sainct Anthoine en champ rouge ; le 5. sainct Nicolas en champ vert ; le 6. sainct Jean Baptiste en Champ noir ; le 7. sainct Martin, sur drap sanguain ; le 8. sainct Hubert, sur gris ; le 9. saincte Catherine, sur blanc ; le 10. sainct Julien, sur violet ; le 11. saincte Marguerite, sur tanné ; le 12. saincte Avoye, sur jaune ; le 13. sainct André, sur noir et violet ; le 14. sainct Estienne, sur vert et noir ; le 15. sainct Pierre, sur rouge et vert ; 16. saincte Anne, sur bleu et violet ; le 17. sainct Jacques, sur bleu et or ; le 18. saincte Magdelaine, sur jeaune et bleu ; le 19. sainct Jerosme, sur bleu et argent ; le 20. sainct Laurent, sur blanc et gris.

 

Publié dans:Jean de Roye |on 25 août, 2006 |Commentaires fermés

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