Maître Willem a Curce

tenteWA.jpgCe maître graveur bourguignon, plus connu sous l’abréviation W.A., s’est concentré sur la reproduction de troupes de Charles le Téméraire et de navires dans les années 1470-80.Ses travaux sont donc très instructifs en ce qui concerne l’équipement de l’époque dans ces deux domaines.

Publié dans : iconographie | le 28 août, 2006 |Commentaires fermés

Armure milanaise, musée historique de Berne (Suisse)

grandsonarmour.jpgArmure de style et fabrication milanaise. Aurait été prise par les Confédérés lors de la bataille de Grandson, en 1476.

 

Publié dans : Pièces de musées | le 27 août, 2006 |Commentaires fermés

La bataille de Brusthem, 28 octobre 1467

EXTRAIT DES MEMOIRES DE JEAN DE HAYNIN, CHEVALIER BOURGUIGNON, COUVRANT LA PERIODE DE 1465-1477. Retranscription en français moderne.

De la bataille de Brustem en Liège. La nuit Saint Simon et Saint Jude par un mardi, monsieur le Duc de Bourgogne et toute son armée allèrent loger et mettre le siège devant Saintron, auquel siège et armée monsieur de Ravestein eut la charge de l’avant-garde, en laquelle on dénombrait de 7 à 800 lances et bien 20 mille hommes. Au lendemain, qui fut le mercredi jour de Saint Simon et Saint Jude, ainsi que 3 à 4 heures après dîner ou environ, plusieurs de l’ost qui étaient allés en fourrages aux villages assez près, aperçurent les Liégeois qui venaient à grande puissance envers le siège et leur fut force de retourner ; et vinrent dire et apporter les nouvelles au siège que les Liégeois venaient, par quoi on fit tout homme armer et monter à cheval sans grand bruit ni effroi et sans crier alarme, et depuis qu’on fut tous monté à cheval, le sieur de Roussi et plusieurs autres et moi-même disions et pensions que ce ne fut rien, jusqu’à ce que lesdits Liégeois parvinrent jusqu’à un village tout près de Saintron, nommé en français Brustain et en allemand Brustein, et prestement monsieur le Duc, monsieur de Ravestein, monsieur le Bâtard et les autres seigneurs et capitaines, chacun mirent leurs gens en bataille et en ordonnance et l’avant-garde tout devant, en laquelle il y avait plusieurs grands seigneurs et capitaines, dont je vous veux dénommer la plupart de tous ceux qui y avaient étendard et charge de gens : et premiers l’étendard de monsieur de Ravestein I, celui de monsieur Jacques de Luxembourg, seigneur de Risebourc IIe, celui de monsieur de Fiennes IIIe, celui de monsieur Jehan de Rubempré, seigneur de Bievene, bailli de Hainaut, IVe, celui de monsieur Antoine de Lalaing Ve, celui de monsieur Baudouin le bâtard de Bourgogne VIe, celui de monsieur Guillaume de Sasogne, gouverneur de Luxembourg VIIe, celui du sieur de Crèvecoeur VIIIe, celui du sieur de la Gruuthuuse IXe, celui du sieur de Boussu Xe, celui de monsieur Philippe de Crèvecoeur XIe, celui du sieur de Perwez en Brabant XIIe, et encore d’autres ; et en la bataille, celui de Monsieur le Duc XIIIe, celui de monsieur le comte de Marle XIVe, celui du comte de Brianne XVe, celui de monsieur de Liège XVIe, celui du comte de Nassau XVIIe, celui du sieur d’Aimeries XVIIIe, celui du sieur de Beauvoir XIXe, celui du sieur de la Hamaide XXe, celui du sieur de Monrecourt XXIe ; et en l’arrière-garde l’étendard du bâtard de Bourgogne et plusieurs autres que je passe pour cause de brièveté, ainsi comme le sieur de Miramont, et le sieur de Corensi, le sieur de Hames, châtelain d’Ath, sont en somme XXV étendards. Et à cet endroit on y fit plusieurs chevaliers et entre autres du pays de Hainaut monsieur Philippe de Jeumont, sieur de Vieges, monsieur Philippe de Mastain, sieur de Sasegnies, monsieur Jehan de Harchies, sieur…,monsieur Grart de Harchies, sieur…, monsieur Jehan de Harchies, sieur de Milome, monsieur Jacques de Harchies, son frère, sieur de Lamotte, monsieur Antoine, sieur de Waudripon, monsieur Lion de Sars, sieur…, monsieur Jacques d’Aimeries, monsieur Jehan de Ligne, sieur…, monsieur Jehan du Bray, et encore d’autres tant dudit pays comme ailleurs.

Item, l’avant-garde des Liégeois que ceux de la comté de Los et ceux de Tongres faisaient, se vinrent bouter dans le village de Brusthem, lequel était merveilleusement fort enclos de fosses, de haies et de barrières, comme ils ont de coutume de faire en tout temps audit pays, et encore plus alors qu’en autres temps à cause de la guerre, et leur charroi et leur bataille demeurèrent sur les champs en dehors du village ; il pouvaient bien avoir par oï dire de 3 à 4 cent chariots, lesquels étaient chargés de tentes, de bagues d’artillerie, et de vivres, et se pouvaient bien être par leur propre dit et connaissance de 24 à 25 mille hommes, et incontinent que les Bourguignons virent qu’ils étaient entrés dans le village et qu’ils se mettaient là en bataille et en ordonnance sans faire semblant de passer plus avant ni de marcher outre. Et étaient avec les Liégeois messire Rasse de Lintre, lequel ils tenaient pour leur souverain chef capitaine et seigneur, messire Jehan de la Bouverie dit le Rust, le sire de Bierlo, messire Eustache de Streel, et messire Fastré Baré Surlet, maître de Liège ; tous ces cinq étaient chevaliers. Et il n’y avait alors à leur départ qu’ils firent de la cité que 5 chanoines résidant à St Lambert, de quoi l’un était si ancien qu’il n’eut peu armes porter ni aller en guerre, et à cette cause il furent content qu’il demeura en la ville ; mais ils voulurent et ordonnèrent que tous les autre quatres iraient avec eux, dont l’un se nommait messire Godefroid de Wayaux, le doyen de Middelbourg, le prévôt de Tongres, frère à messire Baré, et Roland Surlet, leur frère, et de chacune des autres 7 chanoinies, un chanoine et des abbayes un homme, mais ceux de l’abbaye de Saint Jacques qui ont la grâce d’être gens très dévots et bien réglés, baillèrent 3 chevaux au chapelain de messire Rasse de Lintre, et partant ils furent quitte et excusés de non y envoyer nul de leurs religieux. Lesdits Liégeois eux étant ainsi venus et arrêtés jusqu’audit Brusthem, comme il est dit, à quoi ils avaient mis 6 jours à venir jusque là, car ils étaient partis de Liège dès le vendredi avant. On fit approcher les serpentines de l’artillerie du siège et pareillement encore 3 autres qui étaient à Monsieur Jacques de Luxembourg, lesquelles approchèrent dudit village de Brusthem grandement plus près que les autres et tout jusqu’aux haies, et toutes ensemble et l’une après l’autre commencèrent à tirer dans ledit village, où ils voyaient et pensaient que les Liégeois fussent les plus drus et les plus épais, mais le village si plein d’arbres et de haies si drues et si hautes qu’à bien grand peine les pouvait-on voir. Néanmoins, lesdites serpentines en tuèrent et blessèrent plusieurs, et quand elles faillissaient à les atteindre, elles frappaient dans les arbres et dans les branches que ce semblait à cause du tonnerre ou de gros canons, et rompaient les branches des arbres aussi grosses que bras ou jambes, et semblait que tous diables d’enfer fussent descendus là, du grand bruit et de la grande foudre que les plommets et les serpentines faisaient tant d’un côté comme de l’autre ; mais sans comparaison les serpentines de Bourgogne menaient trop plus grand bruit que les autres et ruaient bien 3 ou 4 coups contre un. Et pareillement on fit marcher et approcher les archers et les piétons et les hommes d’armes, spécialement ceux de l’avant-garde et tout par compagnie la plupart, et quand ils vinrent assez près du village ainsi qu’à un trait d’arc à main, on fit descendre tous les archers à pied et ôter leurs éperons et laisser leurs chevaux à aucuns de leurs compagnons de quoi un homme en gardait 7 ou 8 ou 10 ou 12, et tous les hommes d’armes demeurèrent à cheval, tous au plus près d’où les archers étaient descendus. Les capitaines et conducteurs desdits archers commençèrent à marcher en avant, à tous les guidons et archers après eux jusqu’aux haies, fosses et dos d’ânes du village, et quand ils parvinrent jusque là, ils ne pouvaient ni ne savaient trouver voie ni manière d’y entrer qu’à très grande peine, et alors ils les bargenèrent un peu et y entrèrent redoutablement ; et encore plus les piétons et piquenaires, aucuns pionniers y firent un peu de voie en aucuns lieux, les autres se tiraient l’un l’autre en amont au mieux qu’ils pouvaient et tant que la plupart furent dedans et commencèrent à tirer fort et ferme contre ces Liégeois, lesquels leur montrèrent très bon visage. Et incontinent que les archers furent entrés, les étendards et hommes d’armes piquèrent après pour vouloir les servir et secourir, et spécialement l’étendard de monsieur Baudouin le bâtard de Bourgogne et sa compagnie piquèrent à course de cheval tous dans le grand chemin qui va de Brusthem à Saintron, mais ils trouvèrent ledit chemin si fort enclos et si fort fermé de haies, de fosses et de barrières, et avec ce la grande résistance des Liégeois qu’il leur fut forcé de reculer et de démarcher tous hors des haies et de retourner d’où ils étaient partis. Pareillement il fallu que l’étendard de monsieur de Fiennes et du bailli de Hainaut restent au long des haies parce qu’on ne savait comment entrer dedans à cheval, et pendant qu’on resta par cette manière, les Liégeois tirèrent merveilleusement fort de serpentines et spécialement de couleuvrines à main, mais les dos d’ânes des fosses et des haies étaient si hauts qu’ils ne pouvaient prendre leur visée bas assez ni affûter leurs engins, et leurs traits passaient trop haut aussi parce que les gens d’armes étaient si près des dos d’ânes qu’ils leur faisaient couverture en partie. Le sieur de Boussu eut le bras perçé d’une couleuvrine, un nommé Pierre de Bournonville qui était de la compagnie de Louis de Bournonville et de monsieur de Fiennes en fut atteint d’une au dos, elle perça sa robe volante, mais ses brigandines n’eurent garde, et moi Jehan de Haynin en fut atteint d’une sur mon cuissot et y fit une petite fosse seulement et ne me fit autre mal. Celui qui servait les serpentines de monsieur Jacques de Luxembourg, quand il y eut amené ses dessusdites 3 serpentines jusqu’aux haies du village et qu’il en eut tiré plusieurs coups, quand il se vit si près des Liégeois, il abandonna ses serpentines et s’en alla combattre eux à main à main avec les archers, mais il y fut tué.

Quand les archers eurent ainsi que tout à l’heure leur trait et qu’ils avaient commencé à faire tourner les Liégeois, eux s’apercevant que le trait des archers était ainsi que failli, il y en eut une compagnie qui jetèrent un cri et tout d’une fois tournèrent sur les archers qui les poursuivaient et les firent tourner et démarcher, et tient que ce fut alors que l’étendard de monsieur Baudoin le bâtard tourna, mais il revint tout incontinent tant d’autres nouveaux archers, tant ceux du sieur d’Aimeries, du sieur de Miraumont, et aucuns des archers de corps de monsieur le Duc et de monsieur le bâtard de Bourgogne, et pareillement l’étendard de monsieur Guillaume de Sassogne, gouverneur de Luxembourg, qui fut un des premiers qui passa outre et avant, et celui de monsieur Jehan de Rubempré, bailli de Hainaut, et du sieur d’Aimeries et autres qui réencouragèrent ceux de devant, et prestement ceux de Tongres et de Los tournèrent le dos et furent les premiers fuyants.

Quand messire Rasse de Lintre qui n’avait point la grâce ni renommé d’être des plus hardis commença à voir le méchef apparent sur eux et qu’on les assaillissait de si grande manière, il dit à ceux qui étaient devant : « Je m’en vais faire hâter et avancer ceux de derrière », et il piqua tout outre et s’en alla sa voie à sauveté, et laissa et abandonna toute la puissance et compagnie des Liégeois à l’aventure, qui ne fut point fait de bon gouverneur ni capitaine de gens d’armes de les abandonner et laisser ainsi à leur plus grand besoin. Les Bourguignons commencèrent à férir dans ces Liégeois et à les abattre et tuer ; ceux des Liégeois qui étaient à cheval, frappaient sur ceux à pied qui s’enfuyaient, pour les forcer faire retourner, mais c’était un leurre, car ils étaient si fort effrayés et épouvantés que jamais ne se seraient arrêtés. Et ceux qui avaient fait la contrecharge sur les Bourguignons, quand ils virent le fort, ils se mirent en un troppelet tous ensemble et se défendirent très fort et s’y rendirent ceux qu’ils purent ; et à ce je dois rapporter, je suppose que messire Baré Surlet était en cette compagnie à cet endroit, car il descendit à pied avec ses gens, et aussi leur défense ne leur valait guère, car la plupart de ceux du troppelet y demeurèrent tous et furent à cet endroit tués. Quand les Liégeois virent la contrecharge qu’on faisait sur eux, ceux à cheval se mirent à la fuite et en après ceux à pied qu’y purent fuir et s’échapper et laissèrent derrière et abandonnèrent leur artillerie et tout leur charroi et bagages. La chasse dura une bonne demi lieue ou plus jusqu’à un autre village prochain outre Brusthem, mais la nuit vint qu’il commança à faire si brun et si noir qu’il fut forcé à chacun de se retirer, et celà fut cause de sauver grandement les Liégeois, car si la nuit n’eut été, il y en fut sans comparaison grandement plus demeurés qu’il ne fit.

Je vous avais oublié de dire qu’avec les Liégeois, il y était venu un qui se nommait de son propre nom François Royer, natif de Lombardie, et se nommait et disait bailli de Lyon et être envoyé de par le Roy de France et s’était tenu bon espace auparavant en la cité de Liège, et les aidait et confortait à son pouvoir de ce qu’il avait de puissance, et l’aimaient et croyaient, mais quand il vit le fort de la bataille, il se sauva avec messire Rasse de Lintre et autres. A cette dite bataille demeurèrent morts du côté des Liégeois de gens de non venu à ma connaissance : premiers messire Eustache de Streel, messire Baré Surlet et Winselin d’Upe, fils bâtard de messire Adam d’Upe. Item 3 chanoines de Saint Lambert, c’est à savoir messire Godefroy de Vaia, le doyen de Middelbourg, et Roland Baré, et environ de 3 à 4 mille hommes en tout, et la plupart du métier des fèvres et des houillons, et n’en prit-on ou peu ou non de prisonniers pour ce jour, et n’en vit qu’un seul qui fut mené à monsieur le Duc par aucun héraut. Et du côté des Bourguignons, il y mourut un homme d’armes, nommé le bâtard de Perenchies, lequel était capitaine des piétons de monsieur de Fiennes, et quelques autres 50 ou 60, archers et piétons. Ainsi que sur la fin de la bataille, il y eut un ou deux liégeois à cheval qui piquèrent leurs chevaux à la main droite de la bataille, pensant passer tout outre pour entrer dans Saintron, mais ils furent si rudement chassés et poursuivis d’autre cheval, qu’ils furent contraints d’eux venir bouter et rencontrer une compagnie de piétons qui étaient près de l’artillerie qui les reçurent à leurs piques et là furent tués. Et vous faut dire que du commencement au rompre et défaite lesdits Liégeois, il n’y avait qu’un bien petit nombre d’archers, et tiens et crois certainement à ce qu’il m’en peut sembler et que j’oï dire et rappeler à d’autres que s’ils avaient été 3 ou 4 mille au plus, c’était tout ; et pour ce jour et pour cette besogne, il ne fut encore besoin que monsieur le Duc ni tous les hommes d’armes de la bataille s’en mut ni bougea, car ceux de l’aavant-garde furent forts et puissants assez pour les mettre en déconfiture. A cedit jour, Pierre de Harchies, fils au sieur de Harchies, porta l’étendard de monsieur de Fiennes et Galio Ducamp le guidon, lequel se conduisit très vaillamment, et aussi fit Ogier Tiery, sergeant de la cour de Mons, lequel porta le guidon de monsieur le bailli de Hainaut, et le sieur de Bellegnies eut la charge de celui du sieur d’Aimeries, et monsieur Philippe de Mastain portait l’étendard dudit sieur d’Aimerie ; monsieur Robert, bâtard de Sameuse, gavenier de Cambrai, l’étendard de monsieur de Ravestein ; des autres, je ne su qui se fut. Quand ce vient au retour de la chasse de la bataille, ceux qui étaient passés outre le village ne disaient mot, mais c’était une merveille d’oïr le grand bruit et la grande noise que ceux de la bataille faisaient, et semblait parfaitement qu’on se combattit encore fort et ferme, aussi fort ou plus qu’on eut encore fait en tout le jour, et n’était d’autre cause sinon que chacun criait et huchait après son maître ou après son enseigne, et était nuit noire quant on revint au logis et pouvait bien être de 6 à 7 heures de la nuit. Fin de la bataille de Brusthem.

 

Publié dans : Jean de Haynin | le 27 août, 2006 |Commentaires fermés

Diebold Schilling, chronique de Berne, 1483

bern4.jpgbern2.jpgBern1.jpg

Publié dans : iconographie | le 26 août, 2006 |Commentaires fermés

Autre serpentine, musée de la Neuveville (Suisse)

serpentine2.jpgSerpentine du même type que la pièce précédemment donnée mais à volée plus courte. Capturée également à Grandson.

calibre : 75 mm ; longueur de la volée : 1,58 m ; chargement par la bouche ; longueur totale : 3,60 m

commentaires par Bonaparte : Un évasement de plus de 6 millimètres que l’on voit à la bouche parait y avoir toujours existé. Les douves en fer ont laissé partout, à l’intérieur, des inégalités formées des parties saillantes et rentrantes. L’âme n’avait pas été régularisée par alésage : elle était demeurée telle que la forge l’avait faite.

 

Publié dans : Pièces de musées | le 26 août, 2006 |Commentaires fermés

Artilleurs du Duc, vers 1475

(Archives départementales du Nord, Lille, B.3519, retranscription recettes de l’artillerie)

Etat des bombardiers et canonniers du Duc, savoir :

maître Arnoul de Connelance, Thielman de Vienne, Jean Dauvillers, Bauduin Dauwain, maîtres bombardiers ; Jean de Malines, Hansse van den Berghe, Georges Wuldenan, canonniers, soit 7 personnes, nombre insuffisant, attendu que l’artillerie est maintenant « grandement garnie de bon bastons à pouldre et en grande quantité » ;

il conviendrait d’enrôler 23 nouveaux bombardiers et canonniers, parmi lesquels les receveurs et contrôleurs de l’artillerie proposent d’engager : un maître bombardier, nommé Thielman, serviteur de Monseigneur de Rodemach, qui a grand désir de servir le Duc ; maître Guillaume de Berghes, bombardier, demeurant à Bruxelles ; maître Bauduin de Bouvignes, bombardier qui a servi autrefois au siège de Dinant ; un nommé Frédérich qui a servi autrefois comme canonnier au château de Luxembourg, très§habile compagnon et bon fondeur ; Quentin du Flocq, qui a servi autrefois comme bombardier ; Haquinet du Flocq, bon canonnier, jeune compagnon fort et raide ; Brinaur de Poucques, bon canonnier, eschelleur de places et homme dont le Duc pourra bien être servi en plusieurs manières ; Piètre Dionghe, bon charpentier et bon canonnier ayant déjà servi le Duc en ses voyages et armées ; un jeune compagnon allemand, nommé Hans, actuellement à Lille et qui servira de bonne grâce le Duc ; un bon canonnier fondeur que Monseigneur de Soyes dit avoir ; plus 15 autres compagnons qui ont servi le Duc dans tous ses voyages etc.

Publié dans : inventaires d'artillerie | le 26 août, 2006 |Commentaires fermés

Artillerie de l’expédition de Ziericsée, 1472

(Archives départementales du Nord, B.3518, retranscription recettes de l’artillerie)(1472)

Inventaire des parties d’artillerie chargées en la ville de Lille ou chastel et en la saule illec, pour estre menée par eaue jusques à Anvers pour servir en l’armée que Monseigneur entend présentement faire à l’encontre de ceulx de Sériezée, ses subjetz.

Une bombarde de fer, vernie de rouge, nommée Artois, portant pierres de 16 à 17 pouces ; une autre bombarde, aussi vernie de rouge, nommée Ath, portant pierres de 13 pouces ; deux bombardelles de fer, de la façon de Lambillon, toute d’une pièce, portant pierres de 10 pouces ou environ ; un grand manteau de 40 pieds de long, de 14 pièces, garny de son sommier et estanture ; un autre manteau de 34 pieds de long, de 12 pièces sans sommier, ni la plus grande partie de l’estenture, les dits deux manteaux faits par Piètre Dierrik ; deux mortiers de fer, tous d’une sorte, l’un garni de son affût et l’autre sans affût, portant pierres de 10 pouces ; deux courtaux de métal de la façon de Jean de Malines, garnis chacun de quatre roues de peu de valeur avec les affûts rompus ; deux grosses serpentines de métal aussi de la même fabrication, garnies comme les courtaux ; trois serpentines moyennes, garnies de leurs roues et avec des affûts de peu de valeur ; une autre serpentine de métal, signée D., garnie comme les précédentes ; six petites serpentines aussi de métal, dont quatre garnies de leurs roues et affûts et deux sans roues ; six serpentines de fer, nommées tumereaulx, portans pierres semblables aux petites serpentines, garnies de leurs roues ; item, un autre tumereau aussi de fer, affûté sur une…à deux roues ; 50 pierres de 16 pouces, pour la bombarde nommée Artois ; 50 pierres de 13 pouces pour la bombarde nommée Ath ; 50 pierres de… pouces servans pour l’une des bombardelles ; 106 pierres de 10 pouces, pour l’une des bombardelles et les deux mortiers ; 1000 arcs à main ; 5 tonneaux de flèches contenant environ 1000 douzaines ; 84 arbalètes d’acier, de la façon de Strennequin ; 80 crics, garnis de ceintures et de polions pour bander aux rains ; 2100 viretons pour crenequins ; 164 douzaines de cordes d’arc ; 39 vouges de la vieille sorte ; 50 couleuvrines de fer ; 10 couleuvrines de métal ; 105 feuilles de fer à faire chargeoirs ; 150 sacs de cuir de diverses sortes à mettre poudre pour les canonniers ; 6 falots ; une queue de tourteaux de falots ; 14 leviers de fer de plusieurs sortes ; 8 marteaux de maçon pour espincier pierres ; 33 pics emmanchés ; la ferraille de quatre étaux ; 40 caques de poudre.

Autre artillerie amenée d’Arras, chargée sur bateaux pour être conduite comme la précédente :

14 canons de fer, enchâssés en bois, garnis de 27 chambres ; 100 acquebusses de métal ; 1000 maillets de plomb ; 11 tonnelets de plommets pour serpentines et arquebuses ; un tonnelet de fil d’Anvers ; deux poinçons pleins de traits d’arbalètes et de crenequins ; une grosse queue pleine de cordail de plusieurs sortes ; 3 autres tumereaulx de fer, garnis de leurs roues et affûts ; un tonnel de viretons en renfermant 170 douzaines ; 40 pavois narvez ; un tonneau de cordes d’arc où il y en a 70 douzaines.

Publié dans : inventaires d'artillerie | le 26 août, 2006 |Commentaires fermés

Ordonnance pour la campagne de France, 1468

(Chambre des comptes de Dijon)

Monseigneur le Duc a ordonné à Monseigneur le Mareschal que s’il ne trouve l’armée de Bourgogne assemblée, que prestement la face assembler et leur face à faire leurs monstres et le paiement.

(Pour la suite, transcription M. de la Chauvelays)

Le maréchal doit déclarer aux chefs et capitaines que le Duc veut que son armée de ses deux Bourgognes se rende auprès de lui le plus rapidement possible autour de Saint-Quentin ; que dans la route ses troupes prennent seulement les vivres, d’accord avec les habitants, et ne commettent aucune violence quoique les trêves soient expirées, pourvu toutefois que les Français ne se livrent point à des agressions sur les soldats bourguignons. Aux pays de Bourgogne, il est expressément défendu aux troupes de piller, rançonner, battre ou mutiler les gens, de violer les femmes quelles qu’elles soient, sous peine de mort pour celui qui sera convaincu de l’avoir fait.

Nul ne doit prendre logis en Bourgogne ou ailleurs, sans avoir un billet du Maréchal. L’armée restera en bon ordre dans les marches de nuit, quand elles seront nécessaires et que le Maréchal l’ordonnera. Les capitaines viendront ou enverront tous les jours vers le Maréchal pour avoir le mot de guet, le cri de la nuit ou le billet de logement.

L’homme d’armes compté pour une paie aura trois chevaux, dont l’un sera monté par un coustillier, porteur d’une javeline.

Deux hommes de trait bien armés et équipés seront comptés pour une paie, aussi bien que deux coustilliers, pourvu que ceux-ci soient montés chacun d’un cheval valant 20 florins d’or, suffisamment armés et pourvus de javelines. Les chevaliers bannerets auront 8 chevaux et de plus un homme d’armes pour porter leur bannière. Les écuyers bannerets auront 4 chevaux. Les gens de trait à pied bien équipés et armés seront comptés 3 pour une paie. Les gens de pied bien équipés et armés de piques, vouges et javelines seront comptés 4 pour faire une paie. Les gens de trait, coustiliers ou autres ne porteront aucuns bagages que ceux qui appartiendront à leurs personnes. Le Maréchal amènera avec lui 12 serpentines et 4 canonniers assistés chacun d’un valet. Il prendra aussi avec lui 100 piétons bien armés de bâton de guerre. Parmi ces piétons il y aura 12 charpentiers et 12 maçons pourvus de leurs outils qui seront fournis par les baillis.

Les baillis enverront par écrit, dans le vingtième jour de ce présent mois, les noms et surnoms de tous ceux qui dans leurs baillages tiennent fiefs, arrière-fiefs, terres de franc-alleu ou veulent vivre noblement. Ils mettront en la main du Duc toutes les maisons et terres des nobles gens et autres tenant fiefs ou arrière-fiefs, qui ne seront pas à l’armée ; ils ne donneront main-levée de cette saisie que par lettres patentes du Duc ou du Maréchal. Et pour qu’ils puissent prendre ces mesures, le Maréchal leur enverra les noms et surnoms de ceux qui seront en ladite armée, les montres faites.

Le Maréchal fera emporter avec lui : 60 pelles ferrées, 24 pics, 4 haches à couper le bois, 12 instruments à trancher, 6 grandes scies, 25 pieds de chèvre, 24 marteaux de maçon, 100 lances, 12 falots, 500 tourteaux, 120 toises de cordes en 2 pièces de la grosseur d’un gros trait de char. S’il se trouve aucun noble, bourgeois ou autre de quelque condition ou état qu’il soit, qui par faiblesse ne puisse servir, il faut que le Maréchal en soit promptement averti. Il choisira alors des gentilshommes que ceux qui ne pourront s’armer, seront tenus d’habiller et d’équiper en leur lieu et place.

 

Publié dans : ordonnances antérieures à 1471 | le 26 août, 2006 |Commentaires fermés

Serpentine, musée de la Neuveville (suisse)

serpentine3.gifserpentine.jpgSerpentine à hausse réglable sur « affût bourguignon »(Burgunderlaffette).Fabriquée dans les années 1465-1475. Volée authentique, affût reconstruit (début XIXe ou avant).

Pièce capturée à Grandson et typique de ces pièces de campagne très modernes des armées de Charles le Téméraire.

Volée en fer forgé, calibre 65 mm. longueur de la volée : 2,92 m. Chargement par la bouche. longueur totale : 4,11 m .

serpentine3.gif

Publié dans : Pièces de musées | le 26 août, 2006 |Commentaires fermés

La chronique scandaleuse, 1479

EXTRAIT DE LA CHRONIQUE SCANDALEUSE DE JEAN DE ROYE DECRIVANT LES EMBLEMES DES COMPAGNIES D’ORDONNANCE.

En ce temps le Duc fit faire de grands Estendarts avec l’Image de sainct George, des Guidons et des Cornettes pour les differens Estats de son Hostel, Archers de corps et de la grande garde, et pour les vingt compagnies d’ordonnance ; le premier des Estendarts de ces compagnies étoit en champ d’or, avec l’image de sainct Sebastien, le mot et la devise de Monseigneur le Duc, garni de fusils, de flambes, et de la Croix de sainct André. Le 2. avoit l’image de sainct Adrien en champ d’Azur ; le 3. l’image de sainct Christophe en champ d’argent ; le 4. sainct Anthoine en champ rouge ; le 5. sainct Nicolas en champ vert ; le 6. sainct Jean Baptiste en Champ noir ; le 7. sainct Martin, sur drap sanguain ; le 8. sainct Hubert, sur gris ; le 9. saincte Catherine, sur blanc ; le 10. sainct Julien, sur violet ; le 11. saincte Marguerite, sur tanné ; le 12. saincte Avoye, sur jaune ; le 13. sainct André, sur noir et violet ; le 14. sainct Estienne, sur vert et noir ; le 15. sainct Pierre, sur rouge et vert ; 16. saincte Anne, sur bleu et violet ; le 17. sainct Jacques, sur bleu et or ; le 18. saincte Magdelaine, sur jeaune et bleu ; le 19. sainct Jerosme, sur bleu et argent ; le 20. sainct Laurent, sur blanc et gris.

 

Publié dans : Jean de Roye | le 25 août, 2006 |Commentaires fermés
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